Guinée : L’Association des victimes de Camp Boiro demandent l’implication des ministres victimes des purges de 1971

Comme annoncé, en commémoration des purges de 1971, l’Association des victimes de Camp Boiro a  organisé une marche ce lundi 25 janvier 2021. Après le dépôt de la gerbe de fleurs où 4 personnes ont été pendues, les victimes ont eu à tenir leur discours.

« Cela fait aujourd’hui 50 ans que des Guinéens appartenant à toutes les familles sont dans des fosses communes. Les graves purges perpétrées par le PDG et son leader Sékou TOURE laissent encore des milliers de familles en deuil, en larmes, dans la souffrance. Des tueries massives, violentes, inhumaines suite à des condamnations extrajudiciaires et dans l’irrespect total des lois de notre pays qui ont commencées en 1959, s’exacerbèrent en 1971 jusqu’en 1983. Comment peut-on arriver à haïr ses élites, les premières personnes ressources d’un pays nouvellement libérées de la colonisation ? Qu’est-ce qui peut justifier ces éliminations physiques et la réduction des familles à l’état de pauvreté ? Après 50 ans de souffrance, nous n’avons pas encore la réponse », a rappelé Ousmane Conté, membre de ladite association avant de poursuivre :

« Aujourd’hui, nous victimes, et enfants de victimes de toutes ces répressions, appelons les autorités à se  pencher sur cette page douloureuse de notre histoire. ll est temps de mettre fin à l’omerta savamment entretenue. Il est temps que la vérité et la justice réconcilient les Guinéens avec leur passé. Ce passé ne saurait être travestie par le mensonge entretenu par le PDG et son leader Sékou TOURE. En effet, si la France a abandonné la Guinée à son sort, si elle a entretenu et cautionné certaines tentatives de déstabilisation de la Guinée, elle ne peut être responsable des graves purges perpétrées par Sékou TOURE dans son pays, décapitant ainsi des milliers de familles qui resteront sans leurs pères ».

Pour aboutir au combat qui consiste à rendre la justice de ces tristes événements, les victimes de Camp Boiro demandent :

« L’implication de chaque victime, chaque fils dont le père ou les parents ont péri dans ces purges, pour faire accepter aux autorités le caractère sacré de la réouverture de ce dossier. Nous demandons au ministre d’Etat Kiridi BANGOURA de soutenir cette question; Au ministre Boubacar Barry (BIG UP) de plaider pour la mémoire de son père; Au Vice-Gouverneur de la BCRG, Baidy ARIBOT d’aider cette cause pour son père; Au ministre Abdoulaye MAGASSOUBA de le faire pour le feu MAGASSOUBA Moriba; Au ministre d’Etat DIANE de nous apporter son soutien aux noms de ses frères defunts. Nous demandons au premier ministre Kassory FOFANA de faire de cette question une priorité de sa nouvelle mandature pour la Guinée et pour l’Ambassadeur Kassory BANGOURA.

Enfin nous demandons au Président dela République de Guinée, le Professeur Alpha CONDE d’instruire son Gouvernement afin que le dossier de Camps Boiro soit débattu car chacun a perdu un ou plusieurs membres de sa famille dans ces purges et le Professeur Alpha CONDE fut à l’époque victime à tort d’une condamnation à mort par contumace ».

La cérémonie de commémoration s’est terminée par la lecture de saint Coran à la mémoire des défunts.

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